EPR : le nucléaire, opium des élites françaises ?
La France ambitionne dès 1945 de bâtir un programme nucléaire militaire puis civil qui deviendra un pilier de sa politique d'indépendance stratégique vis-à-vis des états vainqueurs de la seconde guerre mondiale. La recherche appliquée à ces domaines est pilotée par le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA), établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) créé fin 1945. Il développe au cours de la décennie suivante les premiers jalons de la filière, d'abord à des fins militaires : prospection minière, raffinage et enrichissement de l'uranium, prototypes de réacteurs. Le CEA collabore à partir de 1955 avec Électricité de France (EDF), EPIC chargé de la production et de la distribution d'électricité en France depuis 1946, à la conception des premiers réacteurs dédiés à la production électrique (1). Une première salve de réacteurs conçus avec le CEA est mise en exploitation dans les années 1960. Conforté par la crise pétrolière de 1973, le gouvernement Messmer entérine le choix de la production électrique d'origine nucléaire et lance la construction d'un vaste parc de réacteurs sous licence étasunienne, conçus par la société Framatome. Elle va s'échelonner jusqu'à la fin du siècle. La filière est redimensionnée, avec la construction d'une usine d'enrichissement d'uranium pour fournir les nouveaux réacteurs et l'agrandissement de l'usine de retraitement des déchets nucléaires de la Hague. À cette époque également, l'industrie nucléaire est restructurée avec la prise de capital du CEA dans Framatome (conception de chaudières nucléaires), Comhurex (raffinage de l'uranium) et Eurodif (enrichissement), ou la création de nouvelles filiales comme Cogema (mines et retraitement). Le secteur repose désormais sur un écosystème complexe de participations publiques et privées. Dans le même temps, EDF, pensée à l'origine comme un instrument de l'indépendance nationale, de la reconstruction et du service public de l'énergie, réalise un pivot stratégique. L'entreprise s'attache désormais à renforcer son marché intérieur, en poussant à l'électrification des usages, et à conquérir de nouveaux marchés, en développant son offre commerciale. La constitution d'une filière nucléaire solide, largement financée par la puissance publique, va permettre d'exporter à l'étranger la technologie française en Afrique du Sud et en Chine. À partir des années 1980, la surproduction électrique, conséquence d'un programme fondé sur des projections trop ambitieuses de la consommation électrique intérieure, amène la France (et EDF) à devenir exportatrice nette d'électricité. En quarante ans, la France achève son projet politique d'indépendance énergétique et militaire, qui se mue peu à peu en projet commercial. Pour rentabiliser un choix stratégique qui a nécessité des investissements colossaux, offrir des débouchés à la filière nucléaire devient une affaire d'État.
Virage stratégique et dynamiques syndicales
Le basculement de la filière vers un modèle marchand entraîne un changement dans la structure socio-professionnelle de l'emploi et le travail du nucléaire. Les objectifs financiers et le management s'installent chez EDF. Structuré à l'origine autour de la mission de service public et un statut protecteur pour les salarié·es, le collectif de travail s'atomise. Le recours à la sous-traitance s'impose au fil du temps (2) pour les opérations de maintenance et les activités qui ne constituent pas le « cœur de métier » d'EDF. Conséquences : une culture professionnelle de moins en moins transmise d'un métier et d'une génération à l'autre, et des expériences de travail et des intérêts de moins en moins partagés. Alors que la proportion de cadres hautement qualifié·es augmente chez EDF, le modèle industriel repose de plus en plus sur l'externalisation des coûts sociaux, sanitaires et juridiques, qui pèsent désormais en grande partie sur les salarié·es des entreprises subalternes (3). Face à cette situation, les syndicats peinent à porter la critique. La Confédération Générale du Travail (CGT), historiquement forte dans le secteur public et dans l'industrie, est favorable au choix du nucléaire depuis les origines du programme (4). La Fédération Nationale Mines Énergie (FNME), à laquelle appartiennent les syndicats de la filière, apporte à la CGT un important contingent de syndiqué·es et d'élu·es, ainsi que les ressources financières correspondantes. Tout en déplorant la dégradation de l'emploi dans la filière, sa position privilégiée l'amène à rester fidèle à sa ligne historique de défense de l'emploi statutaire et du nucléaire comme service public souverain de l'énergie. Si l'emprise de la CGT au sein d'EDF lui vaut des critiques, cette position corporatiste semble peu sujette aux oppositions syndicales ou patronales en interne. Néanmoins, le débat existe au sein du mouvement syndical (5). À partir de 1968, la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) du CEA adopte une position autogestionnaire et antimilitariste qui l'amène à se rapprocher des mouvements écologistes de la société civile, à dénoncer l'adoption massive du nucléaire et à mener un combat idéologique pour un autre choix de société. La filialisation du CEA, qui dissout le collectif syndical (6), les divergences stratégiques avec le mouvement écologiste puis la collaboration avec le gouvernement sur les questions énergétiques sous la présidence de François Mitterrand signent la fin de la critique radicale à la CFDT. À partir des années 1980, des sections locales de la CGT EDF s'emparent des problèmes de sous-traitance et de santé au travail liés au nucléaire, sans toutefois obtenir le soutien de la Fédération. Une situation qui souligne la posture politique délicate du syndicat vis-à-vis des questions socio-professionnelles posées par la nature, l'orientation et la gestion de la filière.
Financiarisation
Les années 1990 voient le déploiement de politiques néolibérales et la financiarisation de l'économie s'étendre à l'échelle mondiale. En France, ces politiques se manifestent depuis la fin des années 1980 par la privatisation partielle ou totale de nombreuses entreprises publiques, leur restructuration (7) dans un objectif de compétitivité et leur réorientation vers l'exportation, en particulier dans le domaine militaire et le nucléaire civil. Cette stratégie est présentée par les gouvernements successifs comme une réponse à la nouvelle donne économique mondiale. D'abord, la conversion des anciennes économies socialistes à l'économie de marché promet l'ouverture de nouveaux terrains de compétition économique. Ensuite, la mise en œuvre progressive d'un marché unique européen (8) bouscule les logiques nationales et poussent à la libéralisation du commerce et de l'emploi. Seules la dégradation de l'environnement et la pression sur les ressources, qui suscitent les premiers efforts politiques de régulation (9), viennent ternir l'espoir d'une croissance mondiale généralisée. C'est dans ce contexte que naît le projet d'EPR (pour European Pressurized Reactor, devenu Evolutionary Pressurized Reactor) en 1992. Fruit d'une collaboration franco-allemande, il répond à plusieurs objectifs pour l'État français et EDF : remplacer les premières générations de réacteurs nucléaires, à moyen terme, pour garantir l'autonomie énergétique ; capitaliser sur l'expérience acquise et les investissements précédents ; constituer un produit compétitif pour le marché international, dans le but de rentabiliser la filière, de servir la diplomatie économique et de contrebalancer le déficit commercial de la France ; produire une énergie faiblement émettrice de CO₂ à un coût raisonnable, argument appelé à prendre une place majeure à l'heure du réchauffement climatique. L'EPR est donc sensé confirmer, par un nouveau pari, le choix du nucléaire en tant que solution du futur.
Préoccupations environnementales
Les syndicats y sont globalement favorables. S'ils adhèrent à l'argument commercial de l'« énergie verte » et à l'enthousiasme techno-nationaliste qu'inspire ce qui est présenté comme un « fleuron technologique français », ils y voient également l'intervention déterminée d'un État (enfin) stratège contre le chômage de masse et le déclin industriel. La relance du nucléaire fait moins l'unanimité dans le reste de la société. La catastrophe de de Tchernobyl en 1986, si elle n'a pas remis en question la politique énergétique française, a néanmoins suscité l'émergence de structures associatives qui se sont constituées en force de contre-expertise (10). Elles ont été à l'origine de l'émergence de nombreuses controverses dans les années 1990, mettant en doute la transparence de la puissance publique et des exploitants concernant l’innocuité des faibles doses de radioactivité, la gestion des déchets, les mines désaffectées ou la sûreté des installations. En 1997, le parti écologiste Les Verts fait son entrée au gouvernement pour la première fois dans l'histoire du pays, à la faveur d'un accord électoral avec le Parti Socialiste qui remporte les élections législatives. Les questions environnementales, qui ont désormais leurs expert·es citoyen·nes et leurs relais politiques, deviennent difficiles à ignorer. L'industrie doit s'y adapter : l'expertise citoyenne est peu à peu institutionnalisée et les réglementations se renforcent, contraignant les promoteurs du nucléaire à plus de transparence, au débat contradictoire et aux aménagements de projets. La question du nucléaire sort des cercles du pouvoir et redevient à cette époque un débat de société. L'abandon du programme nucléaire allemand en 2000 laisse la France isolée au sein d'une Union Européenne largement hostile au nucléaire, avec un appareil industriel délicat à financer, alors que le renouvellement du parc intérieur n'est pas encore à l'ordre du jour. EDF, qui considère que l'absence de chantier fait peser un risque de délitement de la filière et de perte de compétences dans le domaine, pousse à la construction d'un premier réacteur en France. C'est avec le retour de la droite au pouvoir en 2002 que le projet de construction d'un EPR « tête de série » (prototype commercial) se concrétise. Après de multiples mouvements de capitaux et revirements de stratégie au cours des années 1980-90 (11), le secteur est réorganisé à partir de 2001 sous l'égide d'une nouvelle holding, Areva, qui contrôle notamment Framatome et la Cogema. L'objectif est double : favoriser l'entrée de capital privé pour mener à bien des investissements coûteux et proposer une offre concurrentielle à l'exportation qui intègre tous les aspects de l'exploitation nucléaire, de la fourniture de combustible au retraitement des déchets.
La Normandie, domaine royal
Après avoir été envisagé à Penly, où le projet rencontre des oppositions, il est finalement implanté à Flamanville, dans le Cotentin, où le nucléaire est mieux accueilli. La région est de longue date un territoire d'intervention de l'État. Elle vit au rythme de l'activité de l'Arsenal de Cherbourg depuis le XIXème siècle ; l'usine de retraitement des déchets nucléaires, sous l'autorité du CEA puis de la Cogema, a été ouverte dans la presqu'île de la Hague en 1966 ; et deux réacteurs nucléaires d'EDF ont déjà été mis en service à Flamanville en 1985 et 1986. Ces installations fournissent des ressources financières considérables aux communes du Cotentin, ainsi que des milliers d'emplois, généralement qualifiés et bien rémunérés, dans une région par ailleurs largement rurale. De fait, les salarié·es du nucléaire sont très bien représenté·es parmi les élu·es des collectivités locales. Cette emprise de l'État lui vaut une certaine loyauté de la part des élites et des structures politiques locales, qui ont la réputation d'être remarquablement modérées. Les années 1990 sont cependant peu favorables à la région, qui voit se terminer deux grands chantiers (la centrale nucléaire de Flamanville et l'agrandissement de l'usine de retraitement de la Hague) et l'activité de l'Arsenal se réduire en raison de la diminution des tensions géopolitiques (départ de la Flotille du Nord et réduction des commandes de sous-marins consécutives au plan Joxe). Si le Cotentin profite des dividendes du nucléaire pour équiper le territoire (12) et entamer sa diversification économique, notamment via son offre touristique, l'achèvement du programme nucléaire et les controverses laissent craindre un désengagement de l'État et une dévitalisation du territoire à long terme. Le travail de persuasion conjoint des élu·es, des syndicats et des milieux économiques locaux va contribuer à obtenir la construction de l'EPR en donnant la preuve d'un consensus local (13).
Un accident ?
Le débat public préalable au chantier de l'EPR, qui débute en 2005, est déjà l'objet de multiples critiques et controverses (14), y compris venant des membres de la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) qui l'organise. Le géant du BTP Bouygues, qui a remporté l'appel d'offre pour la réalisation du gros œuvre sur le chantier de l'EPR, va marquer les premières années du chantier par sa gestion brutale. Entre 2008 et 2012, en s'appuyant sur une multitude de sous-traitants en cascade, le groupe va cumuler neutralisation syndicale (15), sous-déclaration d'accidents du travail et travail dissimulé de travailleurs détachés européens (16). En 2011, L'entreprise est mise en cause pour non respect des conditions de sécurité après la mort de deux salariés sous-traitants dans des accidents du travail (17). Après la détection de plusieurs anomalies qui retardent l'achèvement de la phase de génie civil (2007-2014), le chantier va révéler de nombreux problèmes lors de la seconde phase (2014-2023) : ce sont successivement la cuve, le couvercle, les soudures des circuits secondaire et primaire qui sont jugés non conformes par l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). En fin de compte, l'EPR sera raccordé au réseau en 2024, avec douze ans de retard, pour un coût estimé par la Cour des Comptes à 23,7 milliards d'euros, soit près de sept fois plus que le montant estimé au départ par EDF (3,4 milliards d'euros). Le projet est qualifié d'« échec », de « débâcle » ou de « cauchemar » par de nombreux observateurs. Un audit, publié en 2019, avance quelques explications possibles : sous-estimation initiale du projet ; répartition des rôles et des responsabilités inappropriée ; conception mal préparée ; renforcement réglementaire en cours de chantier ; perte de compétences généralisée dans la filière nucléaire. En 2026, après une phase de test réglementaire d'un an et un premier cycle de production, l'EPR de Flamanville doit à nouveau entrer en phase de travaux pour un an supplémentaire afin de corriger certains défauts persistants. La mise en service commerciale définitive clôturera trois décennies marquées par les débats de société, les dérives financières, les scandales d'État, les défauts de fabrication... et l'amertume des salarié·es.
Un champ autonome bien intégré...
L'EPR de Flamanville, imaginé comme une vitrine de la puissance française, a révélé les pièges posés par le programme nucléaire français, tel qu'il a été bâti depuis 1945. Le chantier aura été une expérience grandeur nature, non seulement technique et industrielle, mais aussi sociale et politique ; le spectacle d'un choix de société. Le centralisme et le présidentialisme (18) du régime politique français ont percuté le désir démocratique vivace de la société civile, mieux équipée pour faire valoir la variété et la légitimité de ses positions. Le capitalisme financier mondialisé, en entretenant les incertitudes et en valorisant les prises de risques, a parasité la planification d'un projet industriel stratégique et l'intérêt général sur le temps long. Le resserrement du pouvoir des élites politiques et économiques, alors que leurs intérêts prioritaires et leurs échelles d'action sont supposés distincts, a entretenu les soupçons de conflits d'intérêts, de collusion, voire de corruption (19). Les syndicats et les élu·es locaux, pris dans des réseaux d'allégeances multiples, n'ont pas été en capacité de porter de l'intérieur la critique globale d'un modèle politiquement dangereux. Les attaques des un·es et des autres se sont souvent tournées vers l'extérieur sur le thème de la déloyauté : concurrence déloyale des travailleurs étrangers, trahison de l'Allemagne envers son partenaire industriel, irrationalité des opposant·es au nucléaire dangereuse pour la nation. Les errements de la filière elle-même, trop évidents pour être omis, ont été mis sur le compte du manque de zèle de gouvernements trop prudents dans leur soutien, trop sujets aux compromis ou trop libéraux. Un échec du politique, en somme. Et un échec de la démocratie ?
...et un défi pour les démocraties
D'outil industriel au service de l'intérêt général, le nucléaire est devenu un intérêt en soi, défendu comme une question d'ordre identitaire, comme l'intérêt suprême de l'État, comme la Nation elle-même. Il est devenu un champ autonome qui lutte pour sa survie, une lutte que ses partisans eux-mêmes résument à un « nous » contre « eux », retranchés dans une forteresse intellectuelle, idéologique, disqualifiant systématiquement ses critiques, sans parvenir à questionner ses dysfonctionnements profonds. Si critiquer le nucléaire revient à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, est-il encore seulement possible de le faire ? Et le débat sur l'énergie peut-il encore être autre chose qu'un débat sur le nucléaire ? Les promoteurs du nucléaire jurent d'avoir appris du passé tout en incitant à poursuivre la course en avant, engageant la société française sur une voie à sens unique jusqu'à la fin du siècle, dans un contexte toujours plus instable et incertain. La confusion des intérêts d'un champ devenu autonome avec ceux d'une nation démocratique toute entière doit questionner, à l'heure où un nouveau programme nucléaire, assimilé à « une guerre de religion », est lancé dans le cadre d'une procédure simplifiée et accélérée.
Notes
1. Au sujet du rapport d'EDF à l'énergie nucléaire, consulter : GRENET Maurice, L'énergie nucléaire selon EDF : représentations, information, communication (1955 - début des années 1990). Lyon : Université Jean Moulin 3, 2023 [en ligne : https://www.theses.fr/2023LYO30005].
2. Syndicat CFDT de l'Énergie atomique, L'électronucléaire en France, éd. du Seuil, 1975.
3. Voir le travail de l'association Ma Zone Contrôlée, dont l'un des représentant était auditionné à l'Assemblée nationale en 2018 sur ce sujet.
4. Au sujet du rapport des syndicats à l'environnement et au nucléaire en particulier, voir : BÉCOT Renaud, Syndicalisme et environnement en France de 1944 aux années quatre-vingts. Paris : École des hautes Études en Sciences Sociales, 2015 [en ligne : https://hal.science/tel-04148226v1].
5. RISBEC Jean-Charles (dir.), EPR Flamanville : un chantier sous tensions, éd. du Croquant, 2023, pp. 243-44.
6. BÉCOT Renaud, ibid, p. 359.
7. Financière, avec des ouvertures au capital privé ou des fusions-acquisitions par exemple, et par la réorganisation du travail et des équilibres de pouvoir internes par le biais du management et de la modification de la structure de l'emploi notamment.
8. Avec notamment la signature de l'Acte Unique Européen en 1986, celle du traité de Maastricht en 1992, la directive sur les travailleurs détachés et la libéralisation des marchés nationaux de l'énergie en 1996...
9. Dont la prise en compte politique officielle peut être datée de la signature du protocole de Kyoto en 1997.
10. TOPÇU Sezin, La France nucléaire. L'art de gouverner une technologie contestée, éd. du Seuil, 2013, pp. 157-194.
11. Le contrôle de Framatome, en particulier, fut un véritable feuilleton financier, largement relayé par la presse nationale et économique, qui dura des décennies au gré des prises de participation et des nationalisations/privatisations.
12. Pour illustration, voir : MAUGER Rémy, réal. Atomes crochus, [vidéo]. Prod. inconnue, 2000. 57 min. [en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=cAkkpgfKayo]
13. RISBEC Jean-Charles, ibid., pp. 177-78.
14.TOPÇU Sezin, ibid., pp. 278-288.
15. Toute les difficultés du travail syndical sur le chantier de l'EPR sont analysées dans RISBEC Jean-Charles, ibid.
16. Bouygues sera définitivement comdamnée en 2015 pour ce dernier fait, condamnation confirmée en appel en 2017 et en cassation en 2021. Le recours au travail dissimulé aurait en outre permis au groupe d'éviter de verser entre 10 et 12 millions d'euros de cotisations sociales.
17. Pour la mort de l'un d'entre eux, l'entreprise sous-traitante Tissot sera condamnée en appel pour homicide involontaire en 2014, et Bouygues pour omission de remise d'un plan prévisionnel de prévention des risques.
18. À cet égard, les auditions de Nicolas Sarkozy et François Hollande, dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance énergétique en 2023, sont particulièrement éloquentes.
19. Il faut rappeler que les filières stratégiques comme le nucléaire et l'armement sont un terreau fertile pour les affaires politico-financières : affaire Eurodif, affaire du Rainbow Warrior, affaire Karachi...